Vampires d'une nuit de printemps : rencontre du troisième type...

Publié le par Jean Vigne

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Et voilà, ça devait finir par m'arriver... Pour moi, tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route de campagne, alors que je cherchais un raccourci que jamais je n'ai trouvé... Cela a commencé par une auberge abandonnée et moi, resté trop longtemps sans sommeil pour continuer mon voyage... Cela a commencé par l'atterrissage d'un engin spatial venu d'une autre galaxie... Maintenant, je sais que les envahisseurs sont là et qu'ils ont pris la forme... d'un bouquin signé Lia Vilorë !!!!

 

Mais non, je n'ai pas croisé David Vincent et je n'ai pas perdu (totalement) l'esprit. Si je fais ce petit parallèle, c'est pour deux bonnes raisons. Premièrement, comme nous le verrons plus tard, miss Lia Vilorë aime visiblement le cinéma et deuxièmement , ce roman est un petit OVNI dans le monde "classique" de la Bit-lit (bon, en même temps, je ne suis pas The spécialiste de ce genre ).

 

Bon, pour être un peu plus sérieux (est-ce possible avec ce roman ), commençons par l'histoire. Lia Fàil, l'héroïne, est une jeune femme malchanceuse. Accident de bus, proche de la mort, la voilà sauvé par un maître vampire du nom de Maximilian... Bon, certains(nes) la trouveront finalement chanceuse, car la belle se voit doter de nouveaux pouvoirs et surtout, du statut officiel de vampire, le tout dopé par le nouveau titre de la belle car une Lia Fàil n'est pas une vampire comme les autres... et elle va rapidement le découvrir (un peu à ses dépens). L'histoire mêle donc les ficelles classiques du Bit-lit : héroïne jeune et nouvellement transformée en vampire, beau mâle dans les parages , mélange de sentiments et de suspense, le tout avec l'emploi de la première personne pour l'héroïne. À noter que l'auteur réussit le tour de force de ne pas tomber dans le cliché de l'Amour, genre midinette qui papillote des yeux devant son beau sauveur de vampire...

 

La première force de ce roman (et sa plus grande) est l'humour qui transparaît (presque) à chaque page. Certains passages sont, il faut l'avouer, assez tordants, grâce en particulier au pouvoir pour le moins étrange acquis par l'héroïne. Je dois l'avouer, la première fois que j'ai croisé au détour d'une page le don particulier de Lia, je suis retourné en arrière en me demandant si je ne m'étais pas trompé de livre, en prenant par hasard Lewis Carroll et son Alice au Pays des Merveilles (il faut lire le livre pour comprendre ).

Et, pour être honnête, l'idée de l'auteur est, pour moi, excellente. Une touche de plus dans l'humour distillé tout au long de ce roman qui, au final, pétille comme une bouteille de champagne.

 

L'écriture est maîtrisée, les personnages sont bien campés, avec, je l'avoue, une nette préférence pour Lia, l'héroïne, ce qui est une chance quand même, les autres étant pour moi un peu plus en demi-teinte. Le seul bémol est le nombre assez impressionnant de personnages. Ça pleut durant les premiers chapitres, sortez le parapluie. Il faut s'accrocher pour savoir qui est qui, avec en plus certains titres entre différentes maisons vampiriques, mais fort heureusement, au fil des pages, on s'habitue et tout s'éclaire... À la décharge de l'auteur pour avoir déjà traversé le même problème, vouloir introduire de manière moins brutale quantité de personnages aurait obligé l'auteur à écrire un pavé de 500 pages quelque peu indigeste, rendant le texte moins dynamique et rempli de passages redondants.

 

Une autre particularité de l'auteur est son attachement avec le cinéma qui transparaît, non seulement dans les citations de début de chapitre, mais aussi dans les nombreux clins d'oeil parsemés dans le texte. Il faut être connaisseur pour en apprécier toute la subtilité.

 

L'avantage indéniable de découvrir le premier roman d'un auteur (comme Lia), c'est cette totale liberté qui se dégage de son récit, cette envie irrésistible d'exprimer ce qu'il a en tête, son plaisir évident à le faire, et le peu de barrières qu'il s'impose, bref, du no-limit ou presque...

 

Alors, ce roman, pour qui ? Si vous êtes adepte de Blade combiné à Evil Dead, passez votre chemin, c'est clair. Ce roman n'est pas du genre bourrin, carnage and Co. Beaucoup plus de finesse dans l'écriture de Lia, avec cette touche d'humour qui peut déstabiliser certains (le pouvoir de l'héroïne, tout de même, fallait oser ), mais qui, personnellement, m'a amusé au plus haut point. Je vous le conseille donc, histoire enfin de faire cette rencontre du troisième type tant attendue car lire, ce n'est pas seulement se faire plaisir, mais aussi, à mon humble avis, aller de surprise en surprise et pour le coup, c'en est une.

 

Un dernier point à tous les amis(es) lecteurs(trices) de mon blog. Est-ce que je ne fais que lire du Petit Caveau (vu que je ne chronique que ça en ce moment) ? Non, bien entendu. J'ai pas mal d'autres lectures, différentes et plurielles, dans ma PAL mais personnellement, je préfère et de loin chroniquer le roman d'une petite maison d'édition qui, finalement, vit principalement grâce aux ventes sur Internet qu'un Marc Levy, Douglas Kennedy ou Laurell K Hamilton qui n'ont réellement pas besoin de ça... Ainsi, lorsqu'un Marc Levy vend sans grande difficulté 300 000 exemplaires, Lia Vilorë vendra péniblement 300 exemplaires (désolé pour l'auteur si dans ces quelques lignes je brise son espoir de finir à Hollywood ^^). Est-ce que le roman de Lia est mille fois moins bon qu'un roman de Marc ? Certainement pas. Je dirais même que sur l'aspect de l'humour, par exemple, le roman de Lia lui tient la dragée haute... Alors, il me paraît normal de privilégier les chroniques des petits auteurs afin de leur donner un modeste coup de pouce. Voilà pour l'explication de texte .

 

Allez, un petit retour vers le passé pour le plaisir avec mon ami, David Vincent:

 


 

 

 


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